Tenes ou Cartennae la cité antique

Espace de toutes les personnes amoureuses de Ténès, notre si belle cité.

19
jan 2012

Sauvons t'nes El Hadhar ( Vieux Tenes) dans Humeur ! Bab-el-Bhar

Enfants, nous faisions des séjours, mon frère et moi chez nos grands parents au vieux Tenes, nos jeux et nos ballades nous emmenaient dans les ruelles de cette belle cité arabo andalouse, nous grimpions vers la vénérable mosquée Sidi Maiza fondée par le grand Okba ibnou Nafaa, nous nous promenions dans les ruines tout au sommet de la colline, les ruines du Palais d’une princesse dit la légende. Nous descendions vers l’oued et nous nous amusions à le traverser sur les restes d’un ancien pont, ce oued bordé de figues de barbaries et de fleurs méditerranéennes. Les maisons étaient en assez bon état, construites toutes selon le même style immuable : Mur et façade aveugle avec sa porte d’entrée en bois cloutée et un Haouch central avec les pièces autour.
Les années passant, la ville et l’aglomeration de Tenes grandissant, le vieux Tenes s’est mis également à se métamorphoser, destruction des vieilles maisons insalubres ( vieilles de plusieurs siècles ) et constructions de nouveaux immeubles au détriment de l’architecture et l’histoire de notre ville.
Je lance un appel solennel pour préserver et sauver notre belle cité du Vieux Tenes avec les actions suivantes :
-Création d’une association pour sauver et préserver le patrimoine historique que représente la Casbah et sa mosquée Et faire les démarches pour que le site soit reconnu monument historique au niveau national et patrimoine de l’UNESCO au niveau mondial.

1-Répertorier toutes les maisons abandonnées, insalubres ou inhabitées.2-Rénover les maisons et les ruelles ainsi que la place ( La Rahba)
3-Acheter les maisons inhabitées à leurs propriétaires ou inciter les donations à l’association.
4-Faire venir des artisans et leurs familles ainsi que des artistes pour faire revivre le vieux Tenes et relancer ainsi le tourisme dans notre belle région.
5-Et rêvons un peu : Construire un bel hôtel au sommet du vieux Tenes dans une architecture sobre et typique de notre région : un palais blanc peint à la Chaux avec un joli parc autour.

Mes amis : ce travail noble et passionnant est notre devoir, pour preserver notre histoire et notre patrimoine, pour nos enfants !

22
fév 2010
Posté dans TENES par kardoc à 12:19 | Pas de réponses »

En voiture !! disait mon grand père, les gens se bousculaient en cette matinée du marché pour monter dans son petit Trolley beige (Une Estafette Renault), moi fièrement j’etais assis sur le siège passager à ses cotés, je le regardais tenir le volant d’une main et l’autre main le long levier de vitesse qui allait se perdre dans le plancher et les entrailles du moteur. Cette main dont 3 doigts ont ete amputés par une machine à glaçons dans les années 50, doigts qu’il a jeté dans une boite à chaussures avec des glaçons et qu’il s’est fait greffés le soir meme dans un hopital d’Alger!

Il a pu ainsi conserver une main fonctionnelle meme si ses doigts bougeaient tres peu.

Le trolley quitte la station de cars derrière l’arc de Triomphe route de Chleff (Arc de triomphe eliminé par des elus ignares pour le remplacer par une espèce de grande fourchette à la gloire du Socialisme Stalinien de l’epoque !)  et se dirige dans la rue principale pour faire son circuit inalterable : Tenes Centre ville – La cité d’urgence- La route de Cherchell – Sidi Marwane -La Pècherie- Le Port et La Villa Paulette- Les Plages – Quartier de La Marine puis L’Abattoir- La caserne – Un bout de La Route de Mostaganem et retour à Tenes Ville.

Les passagers discutent avec mon Grand Père qui se contente de rire ou de hocher de la Tête quand le sujet est grave et pourtant au dessus de lui, sur son pare soleil est ecrit : INTERDIT DE PARLER AU CHAUFFEUR.

Moi je le regarde admiratif, il est le commandant de bord,  la personne la plus importante de Tenes !! Tout le monde le connais et l’appelle El Hameri, Ami, deka, El hadj etc.. Nous sommes arrivés à notre destination : C’est le moment de descendre, l’un de mes Jeunes  oncles me prend par la main, nous sommes arrivés à la Villa Paulette, mon Grand Père se tourne alors vers moi  avec son beau sourire plein de bonté et me dit : Amuses toi bien Karim mon fils, je reviens vous chercher vers 13H00 !

Je lui fait un petit signe timide  de la main et le regarde  demarrer, faire le grand demi tour pour repartir. Je me dirige alors vers le petit escalier de la plage pour courir ensuite et plonger dans l’eau bleue turquoise et limpide de notre mediterranée !!

 

 

Le TrolleyLe Trolley

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HISTOIRE DE LA VILLE DE TENES

L’histoire de Ténès a commencé il y a 3000 ans, avec les occupations successives des Phéniciens, des Berbères, des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Arabes, des Turcs et des Français.

L’histoire et la culture de cette cité sont a réhabiliter pour permettre a tous et a chacun de trouver une réponse a ses interrogations.

TENES, ville vieille de 3000 ans, comme le rapporte l’Anglais Shaw: « Au temps de Moise, les gens de Ténès étaient des magiciens renommés. Le Pharaon d’Egypte en aurait fait venir quelques-uns, parmi les plus habiles, pour les opposer a un thaumaturge Israélite qui battait tous les magiciens du bord du Nil. » Et Ténès était déjà connue en ce temps-la.

LES PHENICIENS:

Vers le 8eme siècle AV JC, les Phéniciens installèrent a Ténès un comptoir commercial dont des vestiges existes à ce jours tel que des tombeaux sur la cote ouest de la ville et des anneaux d’attache d’embarcation scellés dans la roche du coté de Sidi Andasmas (Traghnia).

A partir de ce moment, la ville porta le nom de CARTHENNA, mot qui vient de Carth qui signifie cap et Thenna qui était le nom de la rivière qui traversait la région.

D’autres sources avancent le nom de CARTHENNAS, d’origine punique qui donnera plus tard le nom actuel de Ténès.

Ténès à travers les ages: L’histoire de cette ville remonte au huitième siècle avant J.C. Elle a été fondée par les phéniciens qui en furent un comptoir, leurs tombeaux existent à nos jours.


 

LES BERBERES:

Au temps des royaumes berbères, Ténès était située aux confins de la Numidie Orientale ( Massilia) et elle était placée sous le commandement de Syphax. A la fin du 3eme siècle AV JC, elle connut la domination Carthaginoise et elle en fut délivrée par Massinissa

Ténès au temps des royaumes AMAZIGHS: Ténès était au confine de MASSILIA (Numidie orientale) sous le commandement de SFAKES. Elle connue la domination carthaginoise (d’où son nom CARTHENA) à la fin du troisième siècle avant J.C. puis délivrée par MASSINISSA entre 203-193 avant J.C.

 

LES ROMAINS:

En l’an 30 AV JC, les Romains conquirent la ville et lui donnèrent définitivement le nom de CARTENNA . Auguste en fit une colonie militaire formée essentiellement de soldats de la 2eme Légion. Beaucoup de vestiges datant de cette époque ont été retrouves comme par exemple: des mosaïques avec des inscriptions romaines: Caius Fulcinius Optatus soldat de la 2eme Légion, ou bien celle de Victoria, fille de descendance sénatoriale décrite dans le livre: »le Trésor de Ténès »

Ténès au temps des romains: Ténès a été conquise par les romains en l’an 30 avant J.C. Auguste en fait une colonie militaire . En 434 les BYZANTINS l’envahissent après avoir battu les vandales.

LES ARABES:

La région fut conquise entre 675 et 682 par le chef militaire Abou El Mouhajir Dinar. Elle a été gouvernée par différents Etats: les Rostomeides, les Idrissides, les Mérinides, les Almoravides, les Almohades, et les Zianides. En l’an 302 (262 de l’Hégire) les Andalous commencèrent la construction de la ville nouvelle (Ténès el hadhar) appelée paradoxalement le Vieux Ténès par les colons Français, et ou se trouve la mosquée de Sidi Maiza (considérée comme la 3eme du pays et datant du début du 10eme siècle). Ténès fut a cette période connue comme une ville universitaire ou séjournaient des étudiants venus d’autres régions et d’autres universités pour parfaire leurs connaissances sous la direction d’éminents professeurs et savants tels que: Ibrahim Ibn Yekhlef Ibn Abdessalem Abou Ishak Ettensi, Ibrahim Ibn Abderrahmane Abou Ishak Ettensi, Muhammad Ibn Abdeljalil Abou Abdallah Ettensi ou bien encore Abou El Hassen Ibn Yekhlef Ettensi qui créa avec ses enfants plusieurs universités a Tlemcen et ou il y enseigna, le musée actuel, une ancienne mosquée, porte son nom. Des géographes Arabes tels que El Bekri (1068) ou Al Yaakubi ont séjourné et décrit Ténès.

LES TURCS:

Les Espagnols occupaient Ténès depuis 1505 et ils en furent chasses par les Turcs et a leur tête Kheireddine Barberousse en 1516. La ville restera sous domination Turque jusqu’a la colonisation Française.

Ténès dans l’ère islamique: Les musulmans ont conquit la région entre 675-682 après J.C. Elle a été gouvernée par plusieurs états notamment les ROSTOMEIDES, IDRISSITES, MORAVIDES et LES ZIANIDES. Les andalous ont entrepris la construction de la ville en l’an 902 après J.C. La mosquée de SIDI MAIZA (considérée la troisième dans le pays) dans le vieux Ténès témoigne du rôle culturel qu’à joué cette ville à l’âge d’or des MORAVIDES.

LES FRANCAIS:

Ténès fut occupée par le Colonel Changarnier le 22 Décembre 1841, il abandonna la place n’y trouvant pas d’abris suffisants et aucune ressource pour sa cavalerie. En 1843, le Marechal Bugeaud décide de la création du port de Ténès et le 28 Avril 1843, il part pour Ténès; et il y laissera le Colonel Cavaignac avec de nombreux travailleurs militaires. En 1845, un soulèvement éclate aux portes mêmes de la cite, mais après deux années de lutte dans le Dahra, le chef du soulèvement Mohamed El Kalii dénommé Boumaaza, natif du Vieux Ténès, est vaincu et fait prisonnier. A partir du 1er Novembre 1954 commence la guerre de libération nationale qui se terminera avec l’indépendance de l’Algérie en 1962.

TENES TRADITIONS ET LEGENDES

TENES, en plus de sa riche histoire, possède une multitude de faits qui ne peuvent être classes comme historiques, ils font néanmoins partie des traditions et des légendes DONATISTES,ROGATISTES,CATHOLIQUES , LES DONATISTES, LES ROGATISTES ET LES CATHOLIQUES

LES DONATISTES:

En poussant le schéma a l’extrême on pourrait avoir la représentation suivante : d’un cote l’Eglise des « purs », des « intègres », qui se présentaient comme tels, parce que lors de la dernière persécution, ils n’avaient pas livré les livres saints au persécuteur. De l’autre cote , il y avait les moins purs, les moins saints, ceux qui avaient fait semblant de livrer les livres et objets du culte, les catholiques. Les premiers avaient suivi un évêque nomme Donat, et on les appela Donatistes. Ils avaient la réputation d’être relativement violents.

LES ROGATISTES :

Dans le diocèse de Cartenna (Ténès) et ses environs la situation était plus complexe. Un évêque donatiste, Rogatus Maurus (Maurus, parce qu’il était vraisemblablement du pays) avait condamne la violence des Donatistes et devint le fondateur d’un sous schisme, le Rogatisme. Ses adeptes étaient considérés comme des non violents.

LES CATHOLIQUES :

C’est la partie qui était considérée comme la moins « pure » par ceux qui constituaient la partie donatiste.

LES CHRETIENS CELEBRES DE

ROGATUS MAURUS : 1er Evêque connu de Ténès ( vers 370 )La 2eme moitié du 4eme siècle était dominée par la forte présence de l’Evêque donatiste de Ténès, Rogatus Maurus. Il se sépara du parti de Donat après l’édit de Julien l’Apostat ( 361 – 363 ) qui accordait aux Donatistes, sur leur demande, la restitution de leurs Eglises. Son désaccord avec les Donatistes était base sur le recours a la violence des Circoncellions, utilise parfois par des Evêques donatistes a l’encontre des Catholiques.Sans quitter la pensée donatiste, l Evêque Rogatus fonda une Eglise dissidente qui eut a souffrir de nombreuses fois des attaques des bandes armées de Firmus, dont la famille dominait la Kabylie occidentale.

VINCENTIUS Evêque rogatiste de Ténès ( 370 a Décembre 419 ): Il est connu grâce a une très longue lettre ( 50 pages) que lui adressa en 408 Saint Augustin, en réponse a une lettre , perdue, de l’Evêque Vincentius. Vincentius et Saint Augustin étaient compagnons d’études a Carthage.

RUSTICUS Catholique ( vers 418 ): Le nom du prédécesseur de Rusticus n’étant pas connu, on sait par contre qu’il a eu beaucoup de problèmes dont Rusticus a subi les conséquences. Il y avait dans le diocèse de Ténès, un évêque catholique en surnombre, l’évêque Honorius, un évêque sans siège épiscopal. A la mort de Deuterius ( vers 419 ) évêque de Cesaree (Cherchel ), la population de cette cite réclama Honorius comme évêque. L’évêque de Tenes, Rusticus, fut considéré comme responsable de ce désordre. Saint Augustin, délégué du Pape, fut charge de veiller a ce que cette affaire aboutisse dans les meilleures conditions.

VINCENT – VICTOR Laïc, jeune intellectuel de Ténès (catholique venu au Rogatisme ): Il avait écrit deux livres sur l’origine et la nature de l’ âme, dont les thèses sont connues par la réfutation qu’en a faite Saint Augustin dans son traite « de la nature et de l’origine de l’ âme Ce jeune intellectuel était courageux, il appliqua a Saint Augustin le verset 13 du psaume 48 : « cet homme honorable n’a rien compris, on l’a compare aux bêtes sans raison et il leur est devenu semblable. » Saint AUGUSTIN ne ménagea pas son jeune « frère ». Tout rentra dans l’ordre par la suite et certains pensent que Vincent – Victor devint plus tard l’évêque Victor de Ténès, vers 450, et il a laisse beaucoup d’écrits

 

MUSULMANS CELEBRES DE Ténès :

Depuis l’arrivée des musulmans et durant tout leur règne, Ténès a connu un prestige indéniable, du en particulier aux savants de cette époque qui, par l’étendue de leur connaissance et leur savoir, dans les domaines scientifique, théologique, philosophique et des sciences sociales, ont fait connaître leur ville d’origine a travers le Maghreb, l’Orient et le monde musulman en général. Parmi ces illustres hommes, les plus connus sont :

ABOU ISHAK IBRAHIM IBN YEKHLEF IBN ABDESSALEM ETTENSI: Natif de Ténès, il partit pour Bejaia en quête de sciences et se déplaça en Orient, ou il étudia la Logique et d’autres sciences auprès de El Karafi, Ibn Eddakik Elaid ou bien Chems Eddine El Isbahani et puis retourna a Ténès. Lorsque Yaghmoracen Ibn Ziane occupa la ville, il le prit avec lui a Tlemcen pour enseigner la Théologie et la Philosophie. Parmi ses élèves on peut citer : Abou Abdallah Ibn Merzoug, Djed El Djed, Abou Abdallah Ibn Elhadj El Abdari auteur du « Medkhel ». L’œuvre la plus importante se trouve être l’explication en dix volumes du livre de Ibn Abi Mohamed Abdelwahid El Maliki: « Méthodes et pédagogie de l’enseignement » Il mourut a Tlemcen en 680 de l’Hégire ( 1302 ).

ABOU EL HASSEN IBN YEKHLEF ETTENSI: Frère de Abou Ishak Ibrahim, il le remplaça dans l’enseignement. il eut une grande notoriété auprès du Roi Yaghmoracen et de Abou Said 1er Parmi ses œuvres , on peut citer : « Explication de la diction » œuvre en dix volumes « Logique et méthodes de calcul » Ceci en plus de plusieurs œuvres de théologie ( El Batin oua Dhahir, El Mahçoul, etc. ).Il mourut a Tlemcen en 706 de l’Hégire (1328), il fut enterre a cote de Abou Mediene Chouaib.

ALI IBN MOHAMAD BEN AHMED BEN MOHAMAD ETTENSI: Il est le neveu de El Badr Mohamed Ben Ahmed, frère de Chihab Ahmed. Homme de sciences il forma plusieurs générations d’intellectuels et d’enseignants. Il écrivît de nombreuses fetwa. Il siégea entre autres dans les cours de Syrie en qualité de Docteur de loi. Parmi ses nombreuses œuvres, » El oussol fi dîne ( ) », » El aadh ( ) », « Métaphores et Rythme », « sciences de la communication », Né a Ténès en 831(1455), il mourut le 7 Choual 875 de l’Hégire (1497).

MOHAMAD IBN ABDELDJALIL ABOU ABDALLAH ETTENSI: Il apprit des savants tels que Abi El Fadhil Ibn Merzoug, El Okbani, Ennediari, Tazi et Ibn El Abbas. Il enseigna la philosophie, la psychologie, les sciences juridiques. Ses œuvres, les plus importantes : « Structure des hiérarchies et la désobéissance dans l’Etat Zianide », « sciences juridiques (Edhabt) », « l’Ame des âmes ». Il fut le premier a parler de l’existence des Juifs du Taout. Il mourut en 899 de l’Hégire (1521).

Ténès et le tourisme: Elle représente une région propice pour le tourisme de par son site naturel, La méditerranée d’un coté et la montagnes du DAHRA de l’autre. D’autre part des centaines d’hectares de vignobles y étalent leurs fruits d’or en fin de saison estivale et rappellent la vocation principale de la zone côtière où la pèche reste tout de même la plus importante.

Des pieds-noirs visitent la ville antique

Ténès vient d’accueillir pour la première fois des Français nés dans cette ville antique. Ayant quitté l’Algérie avec leurs parents, en 1962, alors que leur âge ne dépassait guère les dix ans, ces Français ont tenu à revoir le pays où ils sont nés. Leur séjour a coïncidé avec le lancement d’une campagne d’information sur le tourisme dans la région, initiée par l’un des plus grands hôteliers de la ville où étaient conviés les différents organes de presse ainsi que la radio locale de Chlef. C’est d’ailleurs au cours de cette manifestation que nous avons pu rencontrer ces Français. Invités à nous livrer leurs premières impressions, ces derniers ont eu du mal à cacher leur émotion et la joie qu’ils éprouvaient d’être dans leur ville, en se sentant plus «Ténèsiens» que tout autre. Patrick, nous dira que «malgré l’opposition de mes parents, particulièrement, celle mon père pour faire ce voyage, je me sentais obligé d’effectuer ce pèlerinage que je souhaitais de tout mon cœur depuis que j’ai quitté ce pays alors que j’avais à peine 9 ans, cela me permettra également de retrouver mes souvenirs d’enfance, le lieu où je suis né et grandi». Toutefois, l’émotion a été à son comble lorsque des habitants de la ville de Ténès, ayant fréquenté la même école que ces Français, se sont rencontrés. Signalons enfin que plusieurs visites sont programmées par le responsable de la section locale du tourisme pour faire découvrir à ses hôtes l’immense richesse archéologique ainsi que les sites touristiques paradisiaques que recèle Carténa (ancienne appellation de Ténès).

Saison estivale – Chlef Neuf communes en tirent profit

La saison estivale dont le coup d’envoi a été donné officiellement le 1er juin, représente une véritable « bouffée d’oxygène » pour les six villes côtières et les trois agglomérations situées sur la route nationale y menant, qui vivent le reste de l’année en « vase clos ».

Les transporteurs et les commerçants attendent avec impatience ces moments pour faire le plein et redoubler d’activité. Neuf communes vont pouvoir ainsi, en l’espace de quelques mois, sortir de leur torpeur, grâce à la dynamique créée par les nombreux estivants de passage dans la région. Même si beaucoup reste à faire dans de nombreux domaines, la saison estivale reste une période particulièrement favorable pour l’économie des collectivités du nord de la wilaya aux ressources financières extrêmement limitées. Avec la montée de la température, la côte commence déjà à drainer la grande foule le long de son rivage et de ses forêts environnantes, surtout les jours de repos. La circulation était très dense sur l’axe routier Chlef-Ténès et le long des chemins menant aux autres localités côtières, telles que Sidi Abderrahmane, El Marsa et Boucheghal. De nombreuses familles et des jeunes avaient pris d’assaut les plages et les lieux habituels de rencontres, au milieu des espaces forestiers longeant la mer. La nouveauté, cette année, réside dans la mise en service du projet d’alimentation en eau potable de la ville de Ténès à partir du barrage de Sidi Yacoub, l’élargissement et le revêtement de la route reliant le siège de cette daïra à la plage de Boucheral, sur une distance de 20 km. Les APC et les directions de wilaya directement impliquées dans les préparatifs s’attellent, de leur côté, à réunir les conditions nécessaires pour garantir un bon déroulement de la saison estivale, notamment sur les plans de l’hygiène, de l’aménagement des plages, du transport, de la surveillance des eaux de baignade et de l’approvisionnement des populations. Pour leur part, les services de sécurité ont renforcé leur dispositif de surveillance et de prévention contre les accidents de la circulation durant la période estivale, aussi bien sur l’axe Chlef-Ténès que le long du littoral qui s’étend sur 120 km, entre les wilayas de Tipaza et de Mostaganem. Un littoral qui reste à l’état naturel et qui attend toujours la valorisation et l’exploitation de ses riches potentialités naturelles.

Ténes est située exactement au milieu de la côte du Dahra, entre Tipaza et Mostaganem. Ténes est divisé on deux parties: le Vieux Ténes qui, s’il faut en croire la légende, fut un repaire de voleurs et de bandits, et dont les masures, collées sur un promontoire d’une surface très inégale enveloppée par l’Oued Allalah, remplacent les demeures des colons phéniciens; ses murs, que le temps effrite, abritent une population indigène de 1.200 individus ; le Village de Ténes, à 2 kil. en aval, à l’embouchure de l’Oued Allalah (2.083 hab.), a été créé en 1843; il est bâti sur le plateau de 50 m. de hauteur, où les Romains fondèrent la ville de Cartenna. A l’E. de ce plateau, on plonge dans la vallée de l’Oued Allalah toute couverte de jardins et de prairies; à l’horizon, on aperçoit un vaste amphithéâtre de montagnes se terminant par l’énorme masse grise du cap de Ténes. Du côté de la mer, l’escarpement est presque à pic; sur la partie occidentale du promontoire, il existe une multitude d’excavations régulières pratiquées dans le roc, qui servaient d’hypogées.

La ville est bien alignée, plantée de beaux arbres; les maisons sont propres, coquettes, entourées de jardinets. Remparts ; quatre portes monumentales ; par celle de l’E., on descend au quartier de la Marine, habité par des pêcheurs. Ruines, mosaïques, colonnes, tombeaux, médailles (un grand nombre à l’effigie de Constantin), ont été découverts lors de l’établissement de la ville nouvelle. Ténes fut l’entrepôt maritime de toute la région du Dahra; le port, qui s’ouvre au N.-E. de la cité, couvert par des récifs que des jetées enracinent à la côte, est un bassin de 24 hectares où les navires sont en sûreté. Sur le littoral, de plus de 100 kilométres de longueur, qui s’étend au S.-O. de Ténes jusqu’à l’embouchure du Chélif, il n’y a point de villages français.

Ténes est aujourd’hui une ville à peu prés morte, car on n’a rien fait pour aider à la prospérité de cette cité abritée par un cap, et qui, par sa position équidistante entre Alger et Mers-el-Kébir, aurait acquis une grande importance militaire, maritime et commerciale, si le port avait été aménagé et si la voie ferrée la reliait à Orléansville. Ténes est maintenant relié à Cherchell par une superbe route qui épouse tous les contours de la côte; de Ténes à Dupleix, le parcours (60 kil.) constitue une des plus belles excursions de l’Algérie. Cette route sera bientôt continuée à l’O. jusqu’à Mostaganem, constituant ainsi une merveilleuse Corniche depuis Alger jusqu’à Mostaganem.

Éditions J.C. Lattès et Livre de poche.

1802. Loin de l’épopée napoléonienne qui bouleverse l’Europe, un navire de guerre français fait naufrage à Thénès, sur la côte algérienne. Cinq femmes, qui ont échappé au naufrage et au massacre qu’ont subi les hommes qui les accompagnaient, sont rescapées et offertes aux montagnards de la tribu Bani Haoua. Pour elles commencent une vie nouvelle. Quasiment oubliées par la France, elles vont choisir d’affronter ce destin et d’aller à la rencontre de ce pays si différent du leur. L’une, blanchisseuse à Toulon, séduira le dey d’Alger. L’aristocrate Hélène de Courtavray deviendra la première enseignante française en Algérie. Deux autres seront mariées, la première à un cultivateur, la seconde au fils d’un émir. Et, enfin, mère Jeanne, la religieuse reconvertie en guérisseuse, deviendra très vite membre du conseil des sages du village. Ce roman au style flamboyant s’inspire de faits historiques. Ténès est située en Algérie, au bord de la Méditerranée dans la région de Dahra. Dans cette ville existe, aujourd’hui un sanctuaire, lieu saint parmi d’autres, élevé à la mémoire de Yemma B’net, une femme d’origine française, et dont les dons de guérisseuse ont touché la sensibilité des habitants. C’est la vie mouvementée de mère Jeanne, dite Yemma B’net, que raconte ce roman.

La lecture de ce roman fut un véritable délice. C’est avant tout une éloge de l’amour des autres, un message orné de sentiments profonds ressentis par ces femmes livrées à elles-mêmes, qui ont dû, par la force des choses, s’adapter, d’abord pour survivre, puis pour mieux vivre. Choc entre deux civilisations si différentes, ce témoignage est un baume d’espoir qui apaise bien des craintes

28
nov 2007
Posté dans TENES par kardoc à 1:30 | Pas de réponses »

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En octobre 2004, je me rendis à ténès pour un une raison triste, le décés de mon grand père adoré EL HAMERIE Abdelkader le transporteur de voyageurs ténésien pendant plusieurs decenies, allah y rahmou, que dieu ait son âme… Je n’avais pas vu la ville natale de mes parents depuis 10 ans au moins, puis la revoir là dans le dernier grand virage en venant de cherchell par la route de la corniche tellement tortueuse et tellement semblable à la côte d’Azur mais version sauvage et vierge de tout betonnage intensif, a ete un choc delicieux pour moi et m’a fait monter les larmes aux yeux, il faut etre de ténès pour ressentir cela, la beauté des paysages, cette ville nichée sur le plateau d’un volcan eteint, entre ces hautes montagnes et la mer bleue turqoise, , cette vallée à la fois aride comme le Oued Allala et verte dans le même temps, cette côte dangeureuse et hospitalière, ses gens acceuillants et méfiants tout à la fois, cette vie à l’ecart du reste du pays si ce n’est le proximité de Chleff (ex El Asnam, ex Orleansville), la grande ville de l’interieur qui  » empêche ténès de grandir et prosperer », non en fait les tenesiens habitués qu’ils sont aux invasions se mefient toujours et restent attachés à leur ville tellement isolée, même quand ils partent loin, ils emportent avec eux ce sentiment si particulier d’etre des gens à part… Dés que j’ai pu, je grimpa vers meriema, la statue de la vierge marie, sans etre chretien, je fus ravis de la trouver toujours là à veiller sur la ville telle une madonne, magnifique dans le couchant, je vous offre la photo que j’ai prise vers 18H00 en cet octobre triste où j’ai perdu mon grand père, un des symboles de tenes, le trolley de ténès… 

Je suis né et j’ai vécu en Algérie indépendante, dans les années 60 et 70, les européens étaient nombreux sur Alger où je vivais avec mes parents, c’étaient les fameux « coopérants » avec leurs plaques d’immatriculation bleue, je les côtoyais soit à l’ecole ( Des enseignants) soit dans les lieu de loisirs ( Plage, Parc de Bouchaoui, Le Mont Chrea, les Hôtels balnéaires de la cote ouest), les mariages mixtes algero français ou d’autres nationalités étaient assez fréquents et bon nombre de mes petits camarades avaient des mères étrangères.
Les écoles privées et françaises étaient encore nombreuses et ont forme des éleves ayant cette particularité d’avoir une double culture mais qui oscillait constamment vers la France et l’Europe hélas.
Moi personnellement je suis le pur fruit de l’école algérienne des années 70 et 80, bilingue à la sauce algérienne, c’est à  dire matières scientifiques en français, les autres matières en arabe !, nous avions mes camarades et moi cette faculté à parler arabe puis basculer en français des que la conversation devenait ardue, bizarre !
Mais bon ces propos pour vous dire que je ne voyais aucun pied noir ! et pourtant le soir, les adultes se remémoraient le passé avec leurs anciens petits camarades, voisins, amis … des Prenoms tels que  Jacques,  Pierre,  Jeannette et j’en passe, des noms à  consonance espagnole et italienne revenaient sans cesse, d’autres à  consonance arabe mais avec des prénoms français ! mais où sont ils passes, mes 2 parents originaires de Tenes ( notre cite bénie qu’ils ont quitte pour Alger) me disaient, ils ont quitté le Pays pour la France …
Avec l’age et l’instruction, mes idées commençaient à  s’éclaircir, les évènements de l’indépendance, la guerre d’Algérie, l’OAS, les indigènes, les juifs, tout ceci commençait à  se structurer dans ma tête, les films qui passaient en boucle sur la RTA ( Chaine algérienne de Télévision) montraient souvent des soldats français tuer et massacrer les miens, des colons asservir de pauvres Fellahs, je regardais ces films d’évènements que je ne connaissais pas. Pourtant mes parents, ma famille, leurs amis parlaient des pieds noirs sans animosité, sans ressentiment. Je comprenais alors que ces anciens d’Algérie étaient très divers et que l’ancienne société colonialiste était structurée de cette façon (Rappelez vous Victor Hugo humaniste mais un colonialiste adepte de la terre brulée et des massacres pour le bien de la France), bref il y’avait des bons et des mauvais comme partout.
Je commençais à  voir des pieds noirs seulement en France, pendant des vacances, mes parents conversaient avec eux très cordialement et très chaleureusement, au hasard de nos rencontres au restaurant, chez des amis etc…j’étais enfant mais une chose me gênait continuellement chez ces personnes au demeurant, très affables et gentilles, elles parlaient de mon pays avec nostalgie et tristesse comme d’une mère aimante décédée après une longue maladie. Pourtant l’Algérie est loin d’être morte !
Quand aux juifs séfarades, la première fois que je les ai fréquente, c’est en Espagne pendant des vacances, à l’age de 17 ans,  je m’étais  fait  une bande de copains , ils me ressemblaient et se disaient d’Oran, ou de Sidi Bellabes, moi d’Alger ! mais il y’avait un quiproquo, ils pensaient que j’etait un juif d’Alger et que je vivais en France comme eux !, ce n’est que vers la fin des vacances, au moment des échanges d’adresses que je compris enfin qu’ils étaient juifs français originaires d’Algérie et inversement ils comprirent eux même avec stupeur et parfois effroi que je n’étais pas des leurs mais un musulman algérien de surcroit ! je me rappelle même avoir été pris à partie un soir par 2 adolescents juifs qui m’ont dit que je devrais avoir honte de renier mes origines juives !
Ces juifs séfarades sont en fait de véritables autochtones d’Algérie, ils sont soit berbères (amazighs ou mauretaniens) la preuve étant par les caractères morphologiques et les patronymes partagés avec les musulmans, ils sont également les descendants des juifs d’Espagne chassés pas l’inquisition après la chute de l’Andalousie vers les années 1400. Ils sont devenus français en 1870 suite au décret Cremieux.
Avec le temps je me suis rendu compte également que la plus part des européens pied noirs n’étaient pas français, à l’origine ce sont des espagnols, italiens, maltais et d’autres, leurs ancêtres ont immigré vers l’Algérie pour refaire et gagner leur vie. Ils sont devenus français ensuite.Mais ce sont également des algériens du moment que leurs racines familiales sont en Algérie, qu’ils aiment l’Algérie contemporaine et les algériens.Il faut qu’ils se débarrassent de la Nostralgerie qui cree ce malaise ! l’Algérie n’est pas morte et ne le sera jamais !!
Les harkis sont également les enfants de l’Algérie, il faut tourner la page et aller de l’avant. à l’instar d’autres pays.
Ce serait une erreur historique de cloisonner les anciens d’Algérie dans des catégories, pieds noirs, juifs, harkis, immigrés ! je pense que nous sommes les enfants de l’Algérie intemporelle et que nous devons aimer notre mère d’un amour indéfectible et sincère,Vive l’Algerie ! et Ténès !!
K.B

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Sans valise ni cercueil, les pieds-noirs restés en Algérie
Depuis quarante-cinq ans, les rapatriés ont toujours soutenu l’idée qu’ils avaient été « obligés » de quitter l’Algérie au moment de l’indépendance en 1962, car, menacés physiquement par les « Arabes », ils n’auraient pas eu d’autre choix. Pourtant, à la fin de la guerre, deux cent mille pieds-noirs ont décidé de demeurer dans le nouvel Etat. Témoignages de personnes qui y vivent encore aujourd’hui.

Par Aurel et Pierre Daum Alger, janvier 2008.

Pour trouver la maison où habite Cécile Serra, il vaut mieux ne pas se fier aux numéros désordonnés de la rue. En revanche, demandez à n’importe quel voisin : « Mme Serra ? C’est facile, c’est la maison avec les orangers et la vieille voiture ! » Cécile Serra reçoit chaque visiteur avec une hospitalité enjouée. Dans son jardin magnifiquement entretenu par M. Mesaour, son voisin, trône la carcasse rouillée d’une Simca Aronde modèle 1961. « Ah ! On en a fait des balades dans cette voiture avec mon mari ! Tous les week-ends, on partait à la pêche avec un groupe d’amis ; il y avait M. Gabrière et M. Cripo, avec leur femme. Jusqu’en 1981. Puis mon mari a commencé à être fatigué. Mais du bon temps, on en a eu ! »

A écouter les récits de cette délicieuse dame de 90 ans à l’esprit vif et plein d’humour, on aurait presque l’impression que la « révolution » de 1962 n’a guère changé le cours de son existence de modeste couturière du quartier du Golf, à Alger. « Et pourquoi voulez-vous que ça ait changé quelque chose ? vous apostrophe-t-elle avec brusquerie. J’étais bien avec tout le monde. Les Algériens, si vous les respectez, ils vous respectent. Moi, j’ai jamais tutoyé mon marchand de légumes. Et aujourd’hui encore, je ne le tutoie pas. »

La grand-mère maternelle de Cécile Serra est née à Cherchell, en 1858. Son père, tailleur de pierre, a déménagé à Alger dans les années 1920. « Il a fait construire cette petite maison en 1929 et, depuis, je n’en suis jamais partie. » Comment se fait-il qu’elle n’ait pas quitté l’Algérie en 1962 ? « Mais pourquoi serais-je partie ? Ici, c’est notre pays. Tout est beau. Il y a le soleil, la mer, les gens. Pas une seconde je n’ai regretté d’être restée. » Son mari, Valère Serra, était tourneur dans une entreprise pied-noire (1). « Pendant la guerre, il se déplaçait souvent pour vendre des produits. Il disait à nos voisins [arabes] : “Je vous laisse ma femme et mon fils !” Et il ne nous est jamais rien arrivé. Sauf quand y a eu l’OAS [Organisation armée secrète] (2). La vérité, c’est que c’est eux qui ont mis la pagaille ! Mais “La valise ou le cercueil”, c’est pas vrai. Ma belle-sœur, par exemple, elle est partie parce qu’elle avait peur. Mais je peux vous affirmer que personne ne l’a jamais menacée. »

En 1962, les ateliers où travaillait Valère ont été liquidés, et il a pris sa retraite. Cécile a continué sa couture. « En 1964, avec l’Aronde, on est partis faire un tour en France. Pour voir, au cas où… A chaque fois qu’on rencontrait des pieds-noirs, qu’est-ce qu’on n’entendait pas ! “Comment ! Vous êtes toujours là-bas ! Vous allez vivre avec ces gens-là !” Alors on s’est dépêchés de rentrer chez nous. »

Cécile Serra fait partie des deux cent mille pieds-noirs qui n’ont pas quitté l’Algérie en 1962 (3). Etonnant ? Non, tout à fait logique. Comme le souligne Benjamin Stora, un des meilleurs historiens de l’Algérie, « depuis qu’ils sont rentrés en France, les rapatriés ont toujours cherché à faire croire que la seule raison de leur départ était le risque qu’ils couraient pour leur vie et celle de leurs enfants. Et qu’ils avaient donc nécessairement tous été obligés de partir. Or cela ne correspond que très partiellement à la réalité (4) ».

Jean-Bernard Vialin avait 12 ans en 1962. Originaire de Ouled Fayet, petite commune proche d’Alger, son père était technicien dans une entreprise de traitement de métaux et sa mère institutrice. Ancien pilote de ligne à Air Algérie, il nous reçoit sur son bateau, amarré dans le ravissant port de Sidi Fredj (ex-Sidi-Ferruch), à l’ouest d’Alger. « Mes parents appartenaient à ceux qu’on appelait les libéraux. Ni engagés dans le FLN [Front de libération nationale] ni du côté des partisans jusqu’au-boutistes de l’Algérie française. Juste des gens, malheureusement très minoritaires, qui refusaient d’accepter le statut réservé aux “musulmans” et les injustices incroyables qui en résultaient. On s’imagine mal aujourd’hui à quel point le racisme régnait en Algérie. A Ouled Fayet, tous les Européens habitaient les maisons en dur du centre-ville, et les “musulmans” pataugeaient dans des gourbis, en périphérie. »Des habitations précaires faites de murs en roseau plantés dans le sol et tenus entre eux par des bouts de ficelle, sur lesquels reposaient quelques tôles ondulées en guise de toiture. « Ce n’était pas l’Afrique du Sud, mais presque. »

En janvier 1962, une image s’est gravée dans les yeux du jeune garçon. « C’était à El-Biar [un quartier des hauteurs d’Alger]. Deux Français buvaient l’anisette à une terrasse de café. Un Algérien passe. L’un des deux se lève, sort un pistolet, abat le malheureux, et revient finir son verre avec son copain, tandis que l’homme se vide de son sang dans le caniveau. Après ça, que ces mecs aient eu peur de rester après l’indépendance, je veux bien le croire… » Pour ses parents, en revanche, « il n’a pas été question une seconde de partir. C’était la continuité. Ils avaient toujours désiré une vraie égalité entre tout le monde, ils étaient contents de pouvoir la vivre ».

En septembre 1962, ses deux mille Européens ont déserté Ouled Fayet, sauf les Vialin. Les petites maisons coloniales se sont retrouvées rapidement occupées par les Algériens des gourbis alentour — « ce qui est tout à fait naturel », précise l’ancien pilote. Sa mère rouvre seule l’école du village. Dès 1965, la famille acquiert la nationalité algérienne. « Et finalement, je me sens algérien avant tout. A Air Algérie, ma carrière s’est déroulée dans des conditions parfaitement normales ; on m’a toujours admis comme étant d’une autre origine, mais sans faire pour autant la moindre différence. »

André Bouhana, lui non plus, n’a jamais craint de demeurer là. « J’ai grandi à Ville Nouvelle, un des quartiers musulmans d’Oran. Je parlais l’espagnol, comme mes parents, mais aussi l’arabe dialectal, puisque tous mes copains étaient arabes. Ce n’est pas comme les Européens qui habitaient le centre-ville. Donc, au moment de l’indépendance, pourquoi j’aurais eu peur ? »Aujourd’hui, à 70 ans, Bouhana habite dans une misérable maison à Cap Caxine, à l’ouest d’Alger. Entouré de nombreux chiens et chats, il survit grâce aux 200 euros de l’allocation-vieillesse que dispense le consulat français à une quarantaine de vieux pieds-noirs sans ressources. « Mais, surtout, j’ai des amis algériens, des anciens voisins, qui vivent en France, et qui m’envoient un peu d’argent. » Et sa famille rapatriée ? « Vous rigolez ! Pas un euro ! Ils ne me parlent plus. Ils ne m’ont jamais pardonné de ne pas avoir quitté l’Algérie. »

Et puis, il y a Félix Colozzi, 77 ans, communiste, engagé dans le maquis aux côtés du FLN, prisonnier six ans dans les geôles françaises (dont la terrible prison de Lambèse, près de Batna), devenu ingénieur économiste dans des entreprises d’Etat. Et André Lopez, 78 ans, le dernier pied-noir de Sig (anciennement Saint-Denis-du-Sig), à cinquante kilomètres d’Oran, qui a repris l’entreprise d’olives créée par son grand-père, et qui y produit à présent des champignons en conserve. Et le père Denis Gonzalez, 76 ans, à l’intelligence toujours très vive, « vrai pied-noir depuis plusieurs générations », qui, dans le sillage de Mgr Duval, le célèbre évêque d’Alger honni par l’OAS, a choisi de « rester au service du peuple algérien ».

Et même Prosper Chetrit, 78 ans, le dernier juif d’Oran depuis la mort de sa mère, qui rappelle que « trois mille juifs sont demeurés à Oran après 1962 », et que, « pour eux, la situation n’a commencé à se détériorer qu’à partir de 1971, quand les autorités ont confisqué la synagogue pour la transformer en mosquée, et que le dernier rabbin est parti. Mais moi, précise-t-il, tout le monde sait que je suis juif, et tout le monde m’estime ».

« On a eu ce qu’on voulait,
maintenant on oublie le passé
et on ne s’occupe que de l’avenir »
Il était donc possible d’être français et de continuer à vivre dans l’Algérie indépendante ? « Bien sûr ! », s’exclame Germaine Ripoll, 82 ans, qui tient toujours avec son fils le petit restaurant que ses parents ont ouvert en 1932, à Arzew, près d’Oran. « Et je vais même vous dire une chose : pour nous, la situation n’a guère bougé. Le seul vrai changement, c’est quand on a dû fermer l’entrepôt de vin, en 1966, lorsque la vente d’alcool est devenue interdite. Mais ça ne m’a jamais empêchée de servir du vin à mes clients. »

Au fur et à mesure de ces entretiens avec des pieds-noirs, ou « Algériens d’origine européenne », comme certains préfèrent se nommer, une nouvelle image apparaît, iconoclaste par rapport à celle qui est véhiculée en France. L’inquiétude des Européens était-elle toujours justifiée ? La question demeure difficile à trancher, sauf dans le cas des harkis (5). Certes, les déclarations de certains leaders nationalistes ont pu paraître inquiétantes. En premier lieu, la proclamation du 1er novembre 1954, qui affirme la volonté du FLN d’ériger une Algérie démocratique « dans le cadre des principes islamiques ».Toutefois, la plupart des pieds-noirs de France semblent avoir complètement oublié que durant cette guerre, la direction du FLN a pris soin, à plusieurs reprises, de s’adresser à eux afin de les rassurer. « Moi, je les lisais avec délectation », se souvient très bien Jean-Paul Grangaud, petit-fils d’instituteurs protestants arrivés en Kabylie au XIXe siècle et qui est devenu, après l’indépendance, professeur de pédiatrie à l’hôpital Mustapha d’Alger, puis conseiller du ministre de la santé. Dans le plus célèbre de ces appels, lancé de Tunis, siège du gouvernement provisoire, le 17 février 1960 aux « Européens d’Algérie », on peut lire : « L’Algérie est le patrimoine de tous (…).Si les patriotes algériens se refusent à être des hommes de seconde catégorie, s’ils se refusent à reconnaître en vous des supercitoyens, par contre, ils sont prêts à vous considérer comme d’authentiques Algériens. L’Algérie aux Algériens, à tous les Algériens, quelle que soit leur origine. Cette formule n’est pas une fiction. Elle traduit une réalité vivante, basée sur une vie commune. »La seule déception qu’ont pu ressentir ceux qui ne sont pas partis est liée à l’obtention de la nationalité algérienne, puisqu’ils furent obligés de la demander, alors qu’elle devenait automatique pour les Algériens musulmans. Mais c’était en 1963, donc bien après le grand départ des pieds-noirs.

En ce qui concerne leurs biens, les Européens qui sont restés n’ont que rarement été inquiétés. « Personne ne s’est jamais avisé de venir nous déloger de notre villa ! »,s’exclame Guy Bonifacio, oranais depuis trois générations, à l’unisson de toutes les personnes rencontrées. Quant au décret de nationalisation des terres, promulgué en 1963 par le nouvel Etat socialiste, il n’a concerné que les très gros domaines, les petites parcelles laissées vacantes, et éventuellement les terres des Français qui, bien que demeurés sur place, ont refusé de prendre la nationalité algérienne. Vieille Oranaise pourtant toujours très remontée contre les Algériens, Jeanine Degand est formelle : « J’ai un oncle qui possédait une trentaine d’hectares du côté de Boutlélis. En 1963, les Algériens lui ont dit : “Ou tu te fais algérien, et tu gardes ta ferme ; ou tu refuses, et on te la prend.” Il avait sa fierté, il a refusé, et on la lui a prise. C’est sûr que, s’il avait adopté la nationalité, il l’aurait toujours. »

Il n’a non plus jamais été suffisamment souligné avec quelle rapidité la paix complète est revenue en Algérie. « Je suis arrivé dans le pays à l’été 1963, raconte Jean-Robert Henri, historien à la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme, à Aix-en-Provence. Avec ma vieille voiture, j’ai traversé le pays d’est en ouest, dormant dans les coins les plus reculés. Non seulement, avec ma tête de Français, il ne m’est rien arrivé, mais à aucun moment je n’ai ressenti le moindre regard d’hostilité. J’ai rencontré des pieds-noirs isolés dans leur ferme qui n’éprouvaient aucune peur. » « C’est vrai que, dès août 1962, plus un seul coup de feu n’a été tiré en Algérie, affirme F. S. (6), l’un des historiens algériens les plus reconnus de cette période. C’est comme si, le lendemain de l’indépendance, les Algériens s’étaient dit : “On a eu ce qu’on voulait, maintenant on oublie le passé et on ne s’occupe que de l’avenir.” » Marie-France Grangaud confirme : « Nous n’avons jamais ressenti le moindre esprit de revanche, alors que presque chaque famille avait été touchée. Au contraire, les Algériens nous témoignaient une véritable reconnaissance, comme s’ils nous disaient : “Merci de rester pour nous aider” ! »

Finalement, on en vient à se demander pourquoi tant de « Français d’Algérie » ont décidé de quitter un pays auquel ils étaient aussi charnellement attachés. Lorsqu’on leur pose cette question, en France, ils évoquent presque toujours la peur, alimentée par le climat de violence générale qui régnait en Algérie dans les derniers mois de la guerre — avec, mis en exergue, trois faits dramatiques de 1962 : la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars à Alger ; le massacre du 5 juillet à Oran ; et les enlèvements d’Européens (lire « Trois événements traumatisants »).

« Le déchaînement de violence, fin 1961 – début 1962, venait essentiellement de l’OAS, rectifie André Bouhana. A cause de l’OAS, un fossé de haine a été creusé entre Arabes et Européens, qui n’aurait pas existé sinon. » Et tous d’insister plutôt sur l’extrême modération avec laquelle le FLN a répondu aux assassinats de l’OAS. « A Arzew, se souvient Germaine Ripoll, l’OAS était présente, mais les Algériens n’ont jamais menacé aucun Français. »Quant aux enlèvements (deux mille deux cents Européens disparus entre 1954 et 1962, sur une population d’un million), un certain nombre d’entre eux étaient « ciblés ». « Dans mon village, affirme Jean-Bernard Vialin, seuls les activistes de l’OAS ont été enlevés. »

« Les Européens ont eu très peur, analyse Stora. Mais peur de quoi ? Peur surtout des représailles aveugles, d’autant que les pieds-noirs savaient, et savent toujours, que le rapport entre leurs morts et ceux des Algériens était d’au moins un pour dix (7) ! Quand l’OAS est venue, un grand nombre d’entre eux l’a plébiscitée. Ils avaient donc peur des exactions de militants du FLN, en réponse à celles de l’OAS. Pourtant, une grande majorité d’Algériens n’a pas manifesté d’esprit de vengeance, et leur étonnement était grand au moment du départ en masse des Européens. »

« Nous vivions de facto
avec un sentiment de supériorité.
Nous nous sentions plus civilisés »
Mais, si la raison véritable de cet exode massif n’était pas le risque encouru pour leur vie et leurs biens, qu’y a-t-il eu d’autre ? Chez Jean-Bernard Vialin, la réponse fuse : « La grande majorité des pieds-noirs a quitté l’Algérie non parce qu’elle était directement menacée, mais parce qu’elle ne supportait pas la perspective de vivre à égalité avec les Algériens ! » Marie-France Grangaud, fille de la bourgeoisie protestante algéroise (d’avant 1962), devenue ensuite directrice de la section sociale à l’Office national algérien des statistiques, tient des propos plus modérés, mais qui vont dans le même sens : « Peut-être que l’idée d’être commandés par des Arabes faisait peur à ces pieds-noirs. Nous vivions de facto avec un sentiment de supériorité. Nous nous sentions plus civilisés. Et puis, surtout, nous n’avions aucun rapport normal avec les musulmans. Ils étaient là, autour de nous, mais en tant que simple décor. Ce sentiment de supériorité était une évidence. Au fond, c’est ça la colonisation. Moi-même, j’ai dû faire des efforts pour me débarrasser de ce regard… »

Entre 1992 et 1993, la chercheuse Hélène Bracco a parcouru l’Algérie à la recherche de pieds-noirs encore vivants. Elle a recueilli une soixantaine de témoignages, dont elle a fait un livre, L’Autre Face : « Européens » en Algérie indépendante (8). Pour cette chercheuse, « la vraie raison du départ vers la France se trouve dans leur incapacité à effectuer une réversion mentale. Les Européens d’Algérie, quels qu’ils soient, même ceux situés au plus bas de l’échelle sociale, se sentaient supérieurs aux plus élevés des musulmans. Pour rester, il fallait être capable, du jour au lendemain, de partager toutes choses avec des gens qu’ils avaient l’habitude de commander ou de mépriser ».

La réalité offre des cas parfois surprenants. Certains des pieds-noirs rencontrés en Algérie tiennent encore des propos colonialistes et racistes. S’ils sont encore là, c’est autant pour protéger leurs biens (appartements, immeubles, entreprises) que parce que « l’Algérie, c’est [leur] pays ».

Conséquence logique de ces différences de mentalité : la plupart des pieds-noirs demeurés au sud de la Méditerranée n’ont que très peu de contacts avec ceux de France. « En 1979, à la naissance de ma fille, dont la mère est algérienne, je suis allé en France, se souvient Jean-Bernard Vialin. Dans ma propre famille, on m’a lancé : “Quoi ! Tu vas nous obliger à bercer une petite Arabe ?” » Lorsqu’il est en France, Guy Bonifacio évite de rencontrer certains rapatriés : « Ils nous considèrent comme des collabos, constate-t-il avec un soupir. Combien de fois ai-je entendu : “Comment tu peux vivre avec ces gens-là, ce sont des sauvages !” » Néanmoins, Marie-France Grangaud amorce un sourire : « Depuis quelques années, de nombreux pieds-noirs reviennent en Algérie sur les traces de leur passé. L’été dernier, l’un d’eux, que je connaissais, m’a dit en repartant : “Si j’avais su, je serais peut-être resté.” »

Aurel et Pierre Daum

12
mai 2009
Posté dans Photos par kardoc à 2:20 | Pas de réponses »

Chers Amis, Je remercie ce site internet (Tenes.info.com) qui permet à ma génération d’avoir plus qu’une idée sur un vécu
qui me fut raconté par mes parents et grands parents, dans cette merveilleuse et irremplaçable
ville qu’est Ténès et dont je comprends aisément la place qu’elle continue de tenir dans vos Cœurs.
Moi qui n’est que 38 ans actuellement, qui y ai vécu chaque parcelle d’été avec délectation et ceci
depuis ma naissance, je me sens plus que natif de Ténès, combien même je n’y suis pas né …
Je me suis comme vous tous expatriés pour des raisons certes différentes…avec certes moins de déchirements
que vous, cependant la nostalgie qui me guette depuis mon départ et que je ressens au plus profond
de mon être est consacré d’avantage à ma belle Ténès qu’à Alger qui m’a pourtant vu naître et grandir;
Cependant c’est sans commune mesure avec Ténès dont je garderai éternellement cette amour de la mer,
de ses montagnes, de ses couchers de soleil, de cette brise unique qui vous caresse le visage en soirée,
de ses odeurs marines ; de jasmin et d’eucalyptus, de ces fêtes familiales, de ces rencontres amicales
indéfectibles, de cet humour bien Ténèsien, et bien plus encore que je ne saurais le décrire tant la
liste est longue … Je lui rends hommage pour ce qu’elle m’a apportée comme bonheur, comme joie de vivre,
comme richesse et de cette fierté d’hommes libres si chers aux Ténèsiens qui me fut légué
et que je transmettrai du mieux que je pourrai à mon tour à mes enfants.
Merci encore pour vos témoignages, photographies, illustrations et courriers que j’ai consulté avec beaucoup
d’émotion d’une existence emplie à la fois de simplicité et d’amour sans réserve pour cette ville.
Un petit Ténèsien petit de fils de El Hameri Abdelkader et Belacel Hadj Mohamed

La ligne Chlef-Ténès retenue

La réalisation d’une nouvelle ligne ferroviaire entre Chlef et la ville côtière de Ténès (50 km) a été finalement retenue par le ministère des Transports, nous a appris, hier, une source proche du dossier.

Le dossier a été officiellement inscrit par ce département et sera mis en exécution dans les prochains mois, indique encore notre interlocuteur. Le projet, qui a déjà fait l’objet d’une étude des services de la SNTF, s’effectuera pour une large part sur l’ancien tracé de la voie ferrée, qui avait été abandonné dès l’indépendance du pays. Il prévoit la construction de cinq gares et la réhabilitation de l’ancien réseau ou la réalisation d’une nouvelle ligne. Les responsables locaux y voient un moyen important pour desservir et développer le nord de la wilaya qui compte une quinzaine de communes, un littoral long de 120 km et quatre ports, dont un commercial et trois de pêche. Autres arguments développés, la forte concentration de la population dans cette région ainsi que la présence d’un nouveau pôle universitaire qui devrait, l’horizon 2010, abriter 30 000 étudiants. De plus, la voie ferrée est perçue aussi comme un moyen de transport important devant contribuer au désengorgement de la circulation sur la RN 19 Chlef-Ténès, laquelle connaît un trafic intense et des bouchons au quotidien, en particulier dans les grands centres que traverse ce chemin. En tout cas, la nouvelle de l’inscription de cet ancien projet ne manquera certainement pas de réjouir la population, les usagers de la route et les entreprises économiques, dont l’usine de céramique et l’ECDE qui envisage d’exporter son ciment à partir de 2012. Intervenant lors de la récente session de l’APW, des élus ont demandé l’inscription d’un nouveau projet ferroviaire allant de Chlef jusqu’à Tiaret en passant par le sud de la wilaya, évoquant pour cela des impératifs de désenclavement et de développement de ces zones.

Par A. Y.

Autre vérité sur le Banel, de Beni-Haoua ( ex Francis Garnier)
IL était une …. Mamma BANATE II arrive qu’en faisant des recherches sur un sujet précis, on tombe sur une histoire rocambolesque capable de vous faire changer de thème. C’est le cas, aujourd’hui, où le propos concernera l’aventure d’une femme et de ses compagnes dont la fausse-bonne légende est due à l’ignorance de ceux et celles qui la colportent. Le cadre de l’aventure se situe en Algérie, dans la Région de Ténès, où les Berbères du Chenoua ont été mis en cause, en 1954, par une journaliste qui s’est emparée d’un événement ayant eu lieu en 1802 pour le relater d’une façon tendancieuse et subversive envers les Indigènes de ces parages. Un bateau nommé Le Banel, parti de Toulon le 19 Nivôse de l’an X (= 9 Janvier 1802), s’est échoué sur cette terre d’Algérie le 25 Nivôse, an X (=15 Janvier 1802 ). Les archives consultées disent que Le Banel était un bateau saisi dans l’arsenal du port de Venise après que le Général Bonaparte fut victorieux en Piémont et Lombardie lors de sa Campagne d’Italie, en 1796. Ce bâtiment fut alors envoyé à Toulon pour y être radoubé et armé. Ce navire comptait un Etat-Major et un équipage de deux cents personnes. Il avait, en outre, embarqué cinq cent vingt militaires dont certains étaient accompagnés de leur famille. Le rôle d’équipage et des passagers mentionnait, en outre, la présence de cinq femmes transférées d’un bâtiment anglais, le Bull-Dog, où elles prétendaient avoir été détenues comme prisonnières. Ces cinq femmes avaient pour nom: Thérèse Mace, Monica Vico, Maria Pavan, Catherine Ronet et Marie Dubois. Après avoir fait courir le bruit disant que Le Banel se dirigerait vers l’Egypte pour y renforcer la présence de l’armée française, le commandant de bord reçut, en réalité, l’ordre de rallier Saint-Domingue pour y calmer les ardeurs de Toussaint Louverture. L’épopée prit fin au large des côtes d’Algérie, près du village de Beni-Houa, dénommé par la France: Francis Gamier. Une fois le calme rétabli, les rescapés ont pu rejoindre le village de Beni-Houa (= les enfants d’Eve), d’où les autorités locales ont assuré le transport des rescapés soit vers Ténès -Cherchell , ou même Alger, à l’est; soit vers Oran, à l’ouest, suivant les possibilités des liaisons de cette époque. Rue de Francis Garnier Dans une correspondance inter-Etats, Bonaparte a demandé au Dey d’Alger de veiller à faire reconduire en France ou de donner des nouvelles des cent cinquante hommes manquants, par rapport à la liste initiale. II n’a, ainsi, fait nulle allusion à aucune femme, ni à aucune arme manquant à l’appel, ni même à toute autre référence à de quelconques sévices éventuellement subis par qui que ce soit. Des recherches furent entreprises pour donner suite à cette requête mais force a été d’admettre que l’engloutissement du bateau avait dû provoquer de nombreuses noyades. Banel Quant à la relation faite par la journaliste précédemment évoquée, cela vaut la peine d’en prendre connaissance pour en donner la bassesse qui frise le racisme. Le groupe des cinq aventurières est donné pour être cinq religieuses dont la plus ancienne en serait la mère supérieure. Or, tous les ordres religieux nationaux ou étrangers consultés ont répondu par la négative. S’agissant de celle désignée par Mamma, il ne s’agit là que d’une chef de groupe d’aventurières alors que Banate résulte de la transformation du mot arabe banale qui signifie:filles. Effectivement, il s’agit en l’occurrence de filles de joie se livrant à la prostitution ayant entraîné leur expulsion du bateau anglais: le Bull-Dog. Pour ce qui est de celle faisant office de « mère », il s’agissait en fait d’une Mère maquerelle exploitant commercialement les charmes de ses compagnes. Une fois arrivées en Algérie, elles se sont toutes fondues dans la nature pour y tenter leur chance auprès des notables territoriaux, à l’image de leur chef de file devenue concubine du caïd local. La tombe de la Mamma Pour ce qui est des prétendus massacres, ils ont été inventés par la journaliste en question disant que ces atrocités étaient dues aux «Barbaresques» lesquels étaientembusqués derrière les buissons et prêts à fondre comme une nuée de vautours sur les malheureux naufragés afin de les trucider au fur et à mesure de leur arrivée à terre. La météo consignée dans les archives précisait que ce jour-là avait connu un temps du diable rendant impossible tout secours sur ces lieux où les vagues fracassaient tout contre les rochers et les falaises. De plus, aucun témoignage des rescapés n’a confirmé, ni même donné à penser à de tels actes. Mais c’est tellement plus racoleur de faire passer les Indigènes pour d’ignobles violeurs de religieuses et massacreurs d’Européens. Le temps est venu de lever le voile sur ces faux récits discréditeurs. Cette fausse-bonne révélation était un bon-mauvais tour monté de toutes pièces par les suppôts d’un colonialisme non encore défunt. La présente mise au point est destinée à faire connaître la Vérité sur une « légende bidon» qui a eu, en outre, l’imprudence de mettre en scène une fausse sainte mais.. vraie prostituée. Wynna Nat-IRATEN
:

24
avr 2009
Posté dans Humeur ! par kardoc à 2:57 | 2 réponses »

Un rêve !
Vacances de rêve à ténès
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Ca y’est je vois la côte magique avec le cap ténès qui se découpe dans la ligne d’horizon, puis la merveille se précise, ténès, la plage, l’Abattoir, les belles petites maisons multicolores, notre bateau, grand paquebot  » Tassili 2  » entre dans le port de ténès après seulement 14 heures de traversée de Sète en France à Ténès. Les formalités douanières sont vite expédiées ainsi que celles de la Police aux Frontières, nous nous retrouvons avec les quelques 100 voitures débarquées du ferry, roulant vers la bretelle menant au périphérique ( celui ci longe l’Oued Allala à travers la vallée) de ténès, pour ceux qui veulent emprunter l’autoroute pour rejoindre Alger ou Oran via Chleff, mais moi je suis déjà chez moi, je bifurque vers l’avenue de la plage ou de splendides immeubles blancs ont été construits face à la mer avec boutiques, resto, la plage vaste et sablonneuse commence à se peupler en cette matinée, la mer est bleue azur, nous passons devant l’hôtel Transatlantique reconstruit; un bel édifice néo mauresque et autour une constellation de bungalows, des palmiers longent la plage dans la continuité de la promenade venant de la Villa Paulette, je roule excité à l’idée de retrouver la famille et mes lieux privilégiés, un rapide tour autour du centre ville car beaucoup de rues sont devenues piétonnes avec échoppes, boutiques, restos, comme d’ailleurs Le Vieux Ténès (tânes el hadhar ) réstauré ainsi que sa vénérable mosquée, où j’allais prier petit avec mon regretté grand père .Je me dirige vers la route de Mostaganem, en approchant de Oued El Ksab et Mainis, commence la zone des hôtels palace et clubs déposés sur les plages, des gens font leurs joggings matinal, d’autres du VTT, dans les collines en hauteur, je roule heureux et fier, je dépasse pointe rouge, la guelta, oh ! merveilles de merveilles, inchangées et préservées, normal c’est un parc naturel protégé ! Un bruit, je me réveille dans mon lit chez moi, dommage ce n’était qu’un rêve ! Karim BELACEL
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